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l’art dans l’école lombarde.
Mais les plus dangereux et les plus acharnés deses adversaires étaient les moines corrompus quiredoutaient sa réforme, comme les Bénédictinsd’Arona , les Franciscains de l’Observance , et,par-dessus tout, les Humiliés qui allèrent jusqu’àsoudoyer contre lui des assassins.
Si l’art avait joué à Milan un rôle semblable àcelui qu’il jouait alors dans d’autres cités Ita-liennes, ses tendances n’auraient pas été répri-mées moins énergiquement que celles de la litté-rature populaire ; mais les élèves de Léonards’étaient si bien retranchés contre l’invasion desmauvaises doctrines dans leur école (i), que lavigilance du pasteur n’eut rien à faire de cecôté-là ; et quand le neveu de saint Charles, lecardinal Frédéric Borroinée, lui succéda, jeuneencore, dans la dignité archiépiscopale, il s’épritd’un tel amour pour les ouvrages des artistes Mi-lanais, et d’un tel culte pour leur mémoire, qu’ileut l’idée de fonder une sorte d’Académie, dontla mission serait de ressusciter les mêmes tra-ditions,
Le souvenir encore récent des vertus de sonprédécesseur et de son oncle aurait suffi pour
(1) Il est clair qu’il ne peut être ici question que des peinturesimmorales; car saint Charles Borromée ne fut pas toujours engarde contre le mauvais goût. Témoin la façade du dôme deMilan.