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l’art chrétien.
Avec cette merveilleuse supériorité de jugementet de vues, il est cependant vrai que Lomazzo-aplus d’une fois failli, et qu’il paya, aussi lui,le tribut à son siècle. Son regard, tout en em-brassant un vaste et magnifique horizon , ne pou-vait pas empêcher les idées alors dominantes des’interposer , comme de grossières vapeurs, entrela lumière et lui. Pour parler d’abord de ses pé-chés d’omission, n’est-il pas inconcevable qu’avecune si exquise perception du beau dans toutes lesbranches de l’art chrétien , et après en avoir con-templé les plus précieux produits dans le cours deses longs voyages, il ne lui échappe pas une seuleparole d’admiration pour les peintres mystiquesde l’école Ombrienne, auxquels on croirait, sur lalecture de son Traité, que sa plus entière sympa-thie était comme assurée d’avance? Le silence qu’ilgarde sur certains artistes Lombards qui avaientpuisé leurs inspirations à la même source , et latrès-courte et très-sèche mention qu’il fait d’Am-brogio Borgognone et d’Albertino Piazza deLodi,sont encore plus difficiles à comprendre. On nepourrait les expliquer que par un passage de sesécrits, plus inexplicable encore, dans lequel ildit que le moyen âge fut comme un tombeauoù les arts restèrent ensevelis pendant tout letemps qui s’écoula depuis Constantin jusqu’àMichel-Ange, ou plutôt jusqu’à Bramante, Par-