l’art dans l’école lombarde. 329
game, furent consacrés par lui à la compositiond’ouvrages théoriques d’autant plus curieux, quele fond et la forme portent à la fois l’empreintedu génie particulier de l’auteur, et des idées quiprésidaient alors au gouvernement et à la décora-tion des cités ; et c’est sans doute pour cette sin-gulière raison que le premier opuscule dont jeveux donner ici une courte analyse, a été dédai-gné par les générations suivantes, élevées dans lemépris de tout ce qui n’était pas conforme auxlois de Vitruve ou aux préjugés de ses commen-tateurs (i).
Averulino, plus connu sous le nom d’AntoinePhilarète, n’avait pas la prétention de donner untraité complet d’architecture, comme d’autres l’a-vaient déjà fait avant lui (2). Ce n’est pas à lapoétique, c’est bien plutôt à la poésie de son artqu’il cherche à initier ses lecteurs. Or, son artétant à ses yeux l’art chrétien par excellence, sesaperçus auront nécessairement une teinte mys-tique qui, leur donnant à la fois de l’élévation etde l’originalité, les distinguera radicalement desaperçus scientifiques, tels qu’ils seront formulésplus tard.
(1) Ce Traité d’Averulino sur l'architecture se trouve chez lemarquis Trivulco, à Milan. Je crois qu’il y en a un autre exemplaireà Florence, clans la Magliabecchiana.
(2) Haud ignorans in latina lingua multos esse autores qui dearchitectura docte copiosèque scripserunt.