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l’art chrétien.
qui vit paraître le fameux ouvrage de Longin ? Lamême remarque peut s’appliquer à toutes les bran-ches de la littérature et de l’art. Les théories sontimpuissantes à ressusciter ce qui est mort, oumême à ranimer ce qui est mourant; mais ellesservent à faire ressortir et à résumer méthodique-ment les traditions et les tendances qui ont carac-térisé les différentes écoles, et à faire mieux com-prendre la vitalité spéciale qui a constitué chacuned’elles; de sorte que les auteurs de ce genre decompositions, avec leurs grandes prétentions lé-gislatives, ne sont après tout, du moins quand ils’agit de beaux-arts, que de simples historiens,et l’on peut ajouter qu’ils le sont, non-seulementsans le savoir, mais aussi sans le vouloir.
Cependant cette règle n’est pas tellement géné-rale qu’elle ne souffre un assez grand nombred’exceptions. Les théories d’architecture, celles quifont autorité dans cette matière, ont été le plussouvent formulées par de grands architectes, et,sans descendre jusqu’à Palladio et Vignole, quiappartiennent déjà à une époque de décadence,je citerai cet Averulino, qui vint de Florence àMilan vers le milieu du xv e siècle, pour y cons-truire ce magnifique hôpital qu’on y admire en-core aujourd’hui. Les intervalles de loisir que luilaissaient cette construction gigantesque et d’au-tres travaux importants, tant à Milan qu’à Ber-