ECOLE DE LOI)].
325
arriva plus souvent d’échouer que de réussir danscette entreprise, qu’on peut appeler téméraire,vu la hauteur et la perfection relative du modèleproposé. Si Callisto en approcha quelquefois,grâce aux lueurs d’une inspiration passagère, cene fut ni dans ses tableaux de Brescia, où sesefforts pour agrandir les formes n’ont servi qu’àfaire ressortir davantage l’insignifiance des carac-tères (i), ni dans ceux de Ylncoronata de Lodi,où le même genre d’affectation se remarque dansles attitudes et les airs de tête, sans parler de sesprétentions non moins malheureuses à la sciencedu nu et des raccourcis (2). Je citerais de préfé-rence le tableau de la galerie de Milan, celui duMonastero Maggiore, qui est presque digne defigurer à côté des admirables fresques de Luini,mais surtout celui de Codogno, qui est véritable-ment le chef-d’œuvre de l’artiste, et qui rachèteà lui seul bien des tentatives infructueuses. Unefois, enfin, il lui est arrivé de saisir avec assez debonheur la manière de Giorgione, non-seulementpour la richesse et la vigueur du coloris, mais
( 1 ) Ce contraste se remarque surtout dans le tableau qui est dansl’église de Santa-Maria-Calchera, qui porte la date de 1525. Sesderniers ouvrages sont de 1545 à 1546.
(2) Il y a des parties tellement faibles qu on est tenté de lesattribuer à ses deux frères, César et Scipion, qui tombèrent encoreplus bas que lui. Callisto a mis son propre portrait dans le tableauqui représente le Feslin d’Hérodiade.