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3 (1861)
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1ÎCOLE DE BERGAME.

composition était beaucoup trop chaste pour unsouverain qui ne voyait dans lart quun aiguillonou un assaisonnement au sensualisme le plusgrossier. Il est arrivé à Moretto, comme à Fran-cia, comme à Botticelli, comme à Raphaël, dansses jours dinnocence, de tracer des figures nuesen traitant des sujets mythologiques; mais il y amis, sinon toute la naïveté, au moins toute ladécence dont de pareils sujets étaient suscep-tibles.

U y aurait eu aussi trop dimpudence à per-vertir ainsi le sens dune des plus belles légendesque liiistoire des premiers chrétiens nous aittransmises. Si ce ravissant tableau est un souvenirdamour, ce ne peut être que le souvenir dunamour vaincu, vaincu par la pureté dont luni-corne est lemblème, vaincu par le signe de lacroix, dont lhéroïne sarme contre son tentateurbientôt converti lui-même, et converti jusquaumartyre.

Mais, quelque précieux que soit ce chef-dœuvre , tant sous le rapport de linspiration quesous celui de lexécution, il en est un qui joue unrôle plus intéressant dans la vie de Moretto, etqui suffirait à lui seul pour lui assigner une placeéminente dans lhistoire de lart chrétien : cest laMadone miraculeuse quil peignit, en 1 533,pour satisfaire la dévotion de ses compatriotes et