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l’art chrétien.
la sienne, après que la Sainte-Vierge eut apparu àun berger, sur le mont Paitone , près de Brescia,et l’eut chargé de transmettre aux habitants l’ordrede lui bâtir une église sur le lieu même de sonapparition. L’émotion fut vive parmi les fidèles,et les aumônes prodigieusement abondantes.Heureusement pour l’artiste et pour son œuvre,il s’était laissé 'gagner par cet élan de la piété pu-blique ; plus heureusement encore , il comprit lasainteté de sa tâche, et il s’y prépara , à la ma-nière du bienheureux peintre de Fiesole, par lejeûne, par la prière et par la réception de l’eu-charistie. Pour comble de bonheur, c’était surune bannière que devait être peinte l’image véné-rée, avec le double caractère de Reine des Anges etde Mère de Miséricorde. C’était un problème ana-logue à celui que Raphaël avait eu à résoudre enpeignant la Madone de Saint-Sixte; et les âmespieuses, qui ont aussi leur compétence, bien dif-férente de celle des connaisseurs, peuvent com-parer, au point de vue de l’inspiration , ces deuxchefs-d 'œuvre que le hasard a réunis dans la mêmeville (i).
(\) La Vierge de Moretto est à Dresde et fait partie de la col-lection de M. Quandt, excellent appréciateur des trésors d’artqu’il possède.