ÉCOLE DE BERGAME. 27i
dévoûment, était devenu, comme ses deux frè-res, Jacques et Gaspard, le gendre de son général.De cette fusion des deux familles, Coleone et Mar-tinengo, sortit une race héroïque et intelligentedont l’histoire a l’air d’un récit fabuleux, tant lesprodiges y abondent, et chez laquelle l’illustra-tion de la science et de la sainteté ne fut pasmoindre que celle de la gloire militaire. Le livred’or du patricial vénitien n’a pas de nom qui res-plendisse d’un éclat plus vif et plus durable,'etcomme l’apogée de cette splendeur coïncide exac-tement avec l’époque des plus belles créationsartistiques dans les villes où cette famille exerçason patronage, il s’ensuit que l’histoire de l’art àBergame et à Brescia se trouve intimement liée àcelle des Martinengo, dont les uns repoussaient,par leur bon goût et leur piété, l’invasion de ladécadence au dedans, pendant que les autres re-poussaient par leur courage l’invasion des Turcsau dehors (i).
Le peintre auquel Alexandre Martinengo donnala préférence sur tous les autres, fut ce LorenzoLotto dont les productions gracieuses se trouventdans toutes les collections de quelque importance,et dont l’histoire est pleine d’obscurités et de vi-cissitudes sur lesquelles Vasari, toujours fidèle
(1) J’ai parlé ailleurs des exploits incroyables de cette familledans les guerres contre les infidèles. Voir le I er vol., p. 535.