liCOLE DE ISERGAME. 269
Mais il y avait auj)rès de Bergame, sur les rivesduSerlio, un autre monument que sa tendressepaternelle avait érigé à Medea, la plus jeune et laplus chérie de ses filles ; et ce monument n’etait niune pyramide, ni un cippe funéraire, ni un génieen pleurs éteignant un flambeau ; c’était le cou-vent des Dominicains dit délia. Basella, fondé etdoté par le père, en vue du soulagement que desprières perpétuelles procureraient à l’âme de sonenfant, dont le tombeau, exécuté par un sculpteurà peine sorti de l’adolescence et parvenu depuisà une grande célébrité, produisait, par le parfaitaccord du style avec le souvenir et le lieu, uneimpression indéfinissable sur le spectateur le plusindifférent. Ce sculpteur si célèbre était ce mêmeOinodeo qui finit par identifier sa destinée avec ledôme de Milan, et qui, avant d’avoir accompli savingtième année, inaugurait, par un chef-d’œuvrede grâce et de pureté toute virginale, sa brillanteet laborieuse carrière. Aujourd’hui, ce monumentsépulcral, s’il est permis de donner un nom sipompeux à un ouvrage si simple, a passé, du cou-vent supprimé des Dominicains de la Basella,dans l’église de Saint-Jean-Baptiste à Bergame,bâtie du vivant de Coieone pour recevoir sa dé-pouille mortelle, et ornée de sculptures élégantes,au centre desquelles s’élève sa statue équestre,calme et imposante, comme le héros vieilli avait