ÉCOLE DE BERGAME. 261
seulement par la justesse de ses combinaisons stra-tégiques, par son intrépidité et son sang-froid dansles périls, par l’ardeur et la confiance qu’il savait ins-pirer aux siens; mais encore et surtout, parce que,comme Épaminondas et quelques autres grandshommes, il offrit à ses contemporains le spectaclesi rare et si attrayant de T extrême valeur jointe àl'extrême bénignité, remplissant, pour ainsi dire,tout ïentre-deux (i). Bien différent de Piccinino,qui maudissait Dieu et tous les Saints quand ilétait battu, et même de l’Alviane qui, tout en culti-vant les lettres jusque dans le tumulte des camps,n’en était pas moins, dit Burrigozzo, un grandblasphémateur (2), Coleone respectait et fai-sait respecter autour de lui non-seulement lescroyances populaires qui étaient aussi les siennes,mais tout ce qui tenait au culte public et aux dé-votions locales, montrant une déférence pleined’amour pour les serviteurs des pauvres, et ré-glant son estime et son admiration pour les ordresreligieux, non sur leur science théologique, maissur l’importance qu’ils attachaient au salut desâmes et aux œuvres de miséricorde.
Et il ne faut pas croire que ceci fût seulementun pieux délassement pour ses vieux jours ou une
(I) C’est ainsi que Pascal'caractérise Épaminondas.$) Storia di Milano, di Giov. A. Prato, anno 1516.