ÉCOLE DE BERGAME. 259
que lui avait imprimée Jean Bellini, son maître,finit par le surpasser à certains égards, et fut surle point de fonder à Bergame une école rivale decelle de Léonard. Mais l’habitude de tourner lesyeux vers Milan, pour demander des sculpteurset des architectes quand il s’agissait d’éterniserdes souvenirs pieux ou patriotiques, fit peu à peuperdre de vue les artistes Vénitiens restés jus-qu’alors à peu près sans concurrents. Bientôt cetteinfidélité s’étendit à toutes les branches de l’art,et quelques années s’étaient à peine écoulées de-puis la mort de Jean Bellini, que déjà un des dis-ciples de Léonard arborait son drapeau victorieuxà Bergame, et inaugurait, pour ainsi dire, une èrenouvelle, sous le patronage d’une famille à la-quelle il ne manquait rien du côté des traditionsdomestiques pour jouer ce rôle avec autant d’in-telligence et de générosité que les dynasties lesmieux pourvues de ce genre de popularité.
Iæ fondateur de cette famille, celui qui avait eule mérite de donner la première impulsion augénie local, fut ce Barthélemi Coleone, dont lecaractère magnanime et dominateur est si admira-blement rendu dans le monument vraiment hé-roïque que lui ont érigé la reconnaissance et 1 ad-miration des Vénitiens. Mais ce monument nel’immortalise qu’au ppint de vue de la gloire mi-litaire et des qualités physiques correspondantes,