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l’art chrétien.
Vénitienne, les Bergamasques ne perdirent passeulement leur indépendance politique; l’in-fluence ou plutôt la conquête étrangère se fit sen-tir jusque dans les productions artistiques, et leurposition limitrophe entre deux États rivaux, dontles traditions en matières d’art différaient autantque leurs systèmes de gouvernement, les ayantfait pencher tantôt vers l’école Vénitienne et tantôtvers l’école Lombarde, ces oscillations donnèrentlieu, non pas à des oeuvres éclectiques, commecela serait arrivé chez un peuple en décadence,mais à des produits mixtes que le goût le plus sé-vère n’a jamais désavoués. Avant la fondation del’école Milanaise par Léonard de Vinci, tous lespeintres de Bergame et de Brescia, dominés parl’ascendant que Jean Bellini avait pris dans lesprovinces de terre-ferme comme dans la capitale,allaient faire leur apprentissage ou sous ses aus-pices immédiats ou du moins dans sa sphère d’in-fluence, et après avoir familiarisé leur imaginationavec ses types et leur pinceau avec sa touche, ilsrapportaient dans leur patrie, non pas des re-productions serviles, mais des œuvres vitales, oùla puissance d’imitation était pour ainsi dire ab-sorbée par la puissance d’assimilation. Cette indé-pendance relative se manifesta surtout dans cetAndré Previtali, dont nous avons parlé ailleurs, etqui, à force de se perfectionner dans la direction