BEHNARDINO MUNI.
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ner les paroles qui sortaient de cette bouche di-vine , et peuvent servir de commentaire au textede saint Luc : Stupebant autern omnes qui eumaudiebant. A droite et à gauche sont habilementdistribués des groupes de juifs, auxquels sont mê-lés des Apôtres dont la physionomie, exprimant lecalme ou l’extase, contraste avec l’agitation desDocteurs ; et à côté de la Vierge on voit un beauvieillard à tète chauve, à barbe blanche et touf-fue, aux lèvres fines et serrées, au regard douxet pénétrant, en un mot tel qu’on peut se repré-senter Luini d’après l’empreinte qu’il a mise dansses oeuvres. D’une main, il tient un livre fermé,tandis que de l’autre il montre au spectateur Celuiqui est la voie, la vérité et la vie, et qui remplacedésormais tous les interprètes.
Les fresques de Lugano , encore admirablesdans certains détails, offrent néanmoins, dansleur ensemble, quelques symptômes de décadencequi étaient peut-être l’effet de l’influence exercéesur l’imagination du peintre par les événementsextérieurs. Ce qui le tenait éloigné de Milan,c’était le régime de terreur qui pesait sur cetteville et les scènes de meurtre, de pillage et deprofanation dont il fallait y être témoin. Rien nepouvait y échapper à la brutale cupidité deslansquenets Allemands, presque tous protestants,qui ne respectaient aucun asile, et trouvaient