l’art chrétien.
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moyen de satisfaire plusieurs passions à la fois,en dépouillant et en insultant les moines, lesreligieuses et les prêtres. Comme il était défenduaux boulangers de vendre du pain à d’autresqu’aux soldats, on trouvait sur les places et dansles rues, des cadavres de malheureux qui étaientmorts de faim. Les enterrements se croisaient avecles processions de femmes et d’enfants qui allaient,pieds nus et la corde au cou, pleurer et criermiséricorde; « et tel fut, ajoute le chroniqueur,« le cri de détresse poussé par cette foule éplorée« le dimanche 18 avril t 52 q, qu’on crut que laje voûte du Dôme allait s’écrouler. »
Telles étaient les tristes circonstances au milieudesquelles Luini achevait son dernier ouvragechez les Franciscains de Lugano ; c’est là que sonhistoire finit, et l’on ignore également l’époqueet le lieu de sa mort; mais ce n’est pas cette igno-rance qui est à déplorer, c’est la perte des poésiesdont parle Lomazzo (i), et qui, en nous dédom-mageant un peu du silence des biographes, nousauraient certainement intéressés comme les élansd’une imagination pure et comme les effusionsd’une belle âme.
(1) Trattato, iib. 6, cap. 2. Toutes les recherches que j’ai faitesà Brera, à l’Ambroisienno et à la Magliabecchiana de Florence,pour trouver les poésies do Luini, ont été sans résultat.