l’art chrétien.
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c’était Jà qu’ils avaient leur sépulture, quand lamalignité du sort ne les poursuivait pas jusquesaprès leur mort. Aucune église, à Milan f ni peut-être dans toute l’Italie , ne réveille par les inscrip-tions de ses pierres funéraires de si tragiques sou-venirs. On y voit celle de Jean Bentivoglio, derniersouverain de Bologne , mort dans le plus completabandon , pendant que son fils Alexandre allaitplaider auprès du roi de France sa cause à jamaisperdue. Le nom de Ginevra, qu’on trouve gravésur une tombe, fait croire d’abord que l’orgueil-leuse épouse de Jean Bentivoglio repose dans lemême asile que lui; mais celle-ci était morte ex-communiée, chez les Pallavicini de Busseto, avectoutes sortes de haines dans le cœur. La Ginevra,dont on lit ici le nom, était fille d’Ercole Bentivo-glio , condottiere des Florentins dans leur mal-heureuse guerre de Pise, et elle avait eu sa largepart dans les revers qui avaient accablé sa famille.Galéas Sforza de Pesaro, son premier mari, dé-pouillé de ses Etats par Jules II, avait été tué d’uncoup d’arquebuse, sur la route de Parme. Le se-cond était ce Manfredo Pallavicini, que l’impi-toyable Lautrec avait fait écarteler, en i 52 i, surla place publique de Milan.
Comment Bernardino Luini devint-il le peintrefavori de cette dynastie déchue? Était-ce parcequ’il lui rappelait mieux qu’aucun autre le style