BERNARDINO LUINI.
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en y travaillant, était pénétré de l’importance desa tâche, et voulait surpasser l’attente publique etse surpasser lui-même.
Faut-il aussi attribuer à cette noble ambitionle chef-d’œuvre qui décore l’entrée de la Char-treuse de Pavie ? En levant les yeux vers la voûte,on y aperçoit une figure de saint Sébastien, dontla partie inférieure se ressent des injures dutemps, mais dont la partie supérieure semble an-noncer une inspiration analogue à celle qui pro-duisit le saint Sébastien de Cesare da Sesto. Ensupposant que celui de Luini est dû à un senti-ment plus pur que l’émulation, on se trouve d’ac-cord et avec l’impression qu’on éprouve à la vuede cette ravissante peinture, et avec l’esprit quirespire dans ce qu’on pourrait appeler ses ou-vrages de circonstance (i).
Ceux qu’il exécuta dans l’église et le couvent deSaint-Maurice ( Monastero maggiore ) se ratta-chaient à une grande infortune politique subie parune famille dont l’illustration venait en partie dupatronage intelligent qu’elle avait accordé auxarts dans ses États. C’était dans cette église queles Bentivoglio , expulsés de Bologne, venaientméditer sur la vanité des grandeurs humaines;
(t) Luini avait peint, en outre, à l’occasion tle la peste, untableau représentant la Vierge entre saint Roch et saint Sébastien,