l’art chrétien.
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ont disparu depuis longtemps (i). Quand lesVisconti furent remplacés par les Sforza, Saint-Eustorge ne fut plus l’église favorite de la dynastierégnante, et l’Adoration des Mages parut êtreexclue du programme de l’Académie fondée parLouis le Maure. Mais Luini réveilla la dévotiondes Milanais pour cet ancien sanctuaire et leurgoût pour cette composition favorite, en la pei-gnant, avec toute la perfection dont il était ca-pable, dans la chapelle où avaient été jadis cesreliques royales. Son succès, auquel la réactionpolitique ne fut peut-être pas étrangère, fut leplus éclatant qu’il eût obtenu jusqu’alors, et lescopies de l’Adoration des Mages se multiplièrentrapidement sous le pinceau d’un peintre si sym-pathique au sentiment populaire. Outre cellesqu’il fit pour les Servites de Milan et pour l’Ora-toire de Saint-Michel, j’en signalerai une dans lacathédrale de Côme, qui n’est elle-même qu’unereproduction tant soit peu variée d’une fresqueprécieuse qui a été transportée dans le palais Litta,et devant laquelle le spectateur le plus familiariséavec les créations prodigieuses de ce grand maître,reste muet d’admiration. L’ordonnance, les types,l’exécution, le style du dessin, les draperies, touty est également admirable. On voit que l’artiste,
(1) Lattuada, vol. ni, p. 194.