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l’art chrétien.
avec toutes les qualités de style et la perfectionde travail qu’on a droit d’attendre d’un élève ouplutôt d’un continuateur de Léonard, il faut voirle ravissant tableau du Mariage de sainte Cathe-rine au palais Litta, ou bien encore celui où elleest représentée offrant à l’Enfant Jésus l’instru-ment de son martyre et recevant en échange lapalme rémunératrice.
Dans ces diverses compositions, on trouve lafigure, mais non pas la légende de sainte Cathe-rine; et c’est ici que Luini s’est élevé au-dessus detous les peintres de l’école Lombarde, y comprisson fondateur.
Malheureusement, la galerie de Brera' ne con-serve qu’un fragment de cette histoire merveil-leuse , que l’artiste avait sans doute représentéetout entière ; mais ce fragment, fruit d’une ins-piration vraiment céleste, peut se comparer avecles plus parfaites productions de l’art mystique enToscane et en Ombrie, et je doute que le peintrede Fiesole, à travers le prisme de ses visions béati-fiques, ait jamais entrevu une figure plus ravis-sante que celle de sainte Catherine portée par desanges sur le mont Sinaï.
Lomazzo nous apprend que Luini était poète;mais cela ne suffit pas pour expliquer l’essor queprit son imagination en traçant cette image; pours’élever à une pareille hauteur, l’artiste avait be-