BERNARlHiYO LÜIKI.
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Gaudenzio Ferrari, qui ne fut pas moins son co-religionnaire en matière d’art qu’en matière de foi,et qu’il imita dans l’expression des sentiments re-ligieux , comme il imita Raphaël quant à la ma-nière (i). Cette double imitation, que le témoi-gnage positif de Lomazzo met hors de doute, nefrappe pas toujours l’observateur au premierabord ; c’est comme un courant d’inspirations quin’est pas perceptible à la surface, et qui demande,pour être apprécié dans sa direction et dans saforce, qu’on descende à une certaine profon-deur.
Il faut donc admettre trois influences diversesdans la série des (feuvres'presque innombrables deLuini : il prend à Léonard ses types gracieux enles simplifiant, ses types sévères, en les adoucis-sant et quelquefois en les affaiblissant un peu. Ilreproduit avec la même prédilection et plus sou-vent que lui, cette figure si suave de sainte Cathe-rine, en donnant à sa physionomie une expressionplus sympathique aux âmes pieuses. Cette supé-riorité spirituelle sur son modèle se remarquedans d’autres tableaux, particulièrement dansceux où il y a des têtes de saintes, exprimant laferveur, la béatitude ou le repentir. Le cardinal
(1) « B.'Luini imita Gaudenzio quanto a 1’ espressione dettecose reli^iose, g Kalaelo quanto alla maniera. » Idea del tanpiodélia pittura, cap. 37.