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l’art chrétien.
la galerie de Brera, semblent n’y avoir été misesque pour faire reléguer Gaudenzio Ferrari parmiles artistes les plus médiocres de l’école Milanaise.Heureusement pour sa mémoire, son tableau duMartyre de sainte Catherine est là pour contre-ba-lancer, et même pour effacer l’impression produitepar les trop nombreux monuments de sa déca-dence. Nous avons dit et nous aurons occasion derépéter ailleurs que la légende de sainte Cathe-rine fut un des thèmes favoris des artistes Lom-bards. Ceux qui en préféraient le côté gracieux,peignaient sou mariage ; ceux qui aimaient mieuxexploiter le côté sérieux, peignaient son martyre.Le premier sujet avait été traité par GaudenzioFerrari, dans ses jours de ferveur naïve, quand ilavait foi à ses propres inspirations, dans l’églisede saint Gaudenzio, son patron. Il en résulta unchef-d’œuvre qu’on peut admirer encore aujour-d’hui, et dont la réminiscence dut agir sur l’ima-gination de l’artiste, à la manière de ces sons ma-giques et lointains, qui réveillent des impressionset des images qu’on croyait effacées depuis long-temps. Voilà comme je m’explique le bonheuravec lequel l’artiste a traité le second sujet, c’est-à-dire le Martyre de sainte Catherine, qui futcomme le dernier éclair, vraiment lumineux, d’unbeau génie prêt à s’éteindre.
Bernardino Luini. De toutes les lacunes qu’on