l’art chrétien.
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Rome après son second voyage, se ressentit unpeu des nouvelles influences qu’il avait subies.Son absence de Varallo et de la haute Italieavait duré sept ans; et, dans cet intervalle, sonimagination, captivée tantôt par le style de Ra-phaël, tantôt par celui de Michel-Ange, dut per-dre, au moins momentanément, son équilibre,autant qu’on en peut juger par le grand tableaude Gaudenzio Ferrari qu’on voit au palais SciarraColonna, et dans lequel il est impossible de re-connaître le peintre inspiré de Varallo. Mais aprèsavoir échoué contre le même écueil que Cesare daSesto, il redevenait, comme lui, élève de Léonard,dès qu’il revoyait la Lombardie, et il redevenaitgrand artiste chrétien dès qu’il avait respiré l’airvivifiant de sa sainte montagne. Il paraît mêmequ’il y devint cette fois-ci avec plus de ferveur quejamais, et qu’il aborda sa nouvelle tâche avec unredoublement d’enthousiasme qui dissipa les nua-ges de sa pensée et redressa , comme par enchan-tement, ses récentes déviations.
U s’agissait de représenter le Christ élevé encroix , et de rendre ce moment suprême de la Pas-sion d’une manière qui fût à la fois digne et dulieu qui était une imitation du Calvaire, et de lapiété des pèlerins qui venaient s’y prosterner avecfoi, et le plus souvent avec larmes. Afin de frapperplus vivement leur imagination, il préféra la plas-