LÉONARD DE VINCI. 53
écrivain récemment exhumé, traduit et commentéaprès plus de dix siècles d’oubli. D’ailleurs, lemoine franciscain Fra Luca Paciolo, auteur dela traduction et du commentaire, était l’ami deLéonard, qui composa pour lui, avec son désin-téressement ordinaire, son traité de la divineproportion , probablement parce que le moinecomprenait mieux qu’aucun autre les tourmentsque donnait à l’artiste ce problème fondamental,de la solution duquel dépendait, selon lui, l’in-telligence des principes, des vicissitudes et desprocédés mystérieux de l’art antique. Il faut enconclure que la science des proportions, telle quela concevait Léonard, ne se bornait pas à une dé-termination générale de la mesure du corps hu-main, telle qu’on la trouve dans quelques di-gressions de Vitruve. Comme la découverte destrésors littéraires et artistiques de l’antiquité, bienque ralentie depuis un demi-siècle, se poursuivaitencore de son temps, il pouvait espérer que lesécrits de Parrbasius et d’Asclépiodore seraientexhumés à leur tour, et qu’avant de clore sacarrière, il saurait à quoi s’en tenir sur le fameuxcanon de Polyclète et sur les véritables causes dela supériorité de l’art grec. Que cette préoccupa-tion ou plutôt cette obsession ait été un élan desa jeune imagination, ou, ce qui est plus vraisem-blable, le rêve sublime de ses vieux jours, elle met