50 l’art chrétien.
il annonce un ouvrage spécial sur les mouvementsde l’homme, et un autre, le plus important detous à ses yeux, sur les divines proportions ducorps humain. Souvent c’était Louis le Maurelui-même qui proposait les problèmes à résoudre,soit en vue des constructions et des embellisse-ments qui le préoccupaient au moins autant quele gouvernement de ses États, soit pour provo-quer, de la part de son artiste favori, des solutionsingénieuses à des questions purement spéculati-ves, comme celle de savoir si la peinture est unart plus noble que la sculpture (1).
Il y aurait de l’injustice à juger les travaux decette académie, et de celui qui en était l’âme, surles débris décharnés et souvent décousus qui nousont été transmis par ses disciples; car ces Traitésn’existent que sous les formes qui leur ont été don-nées par d’autres mains que les siennes. Ce qu’ilcherchait en les composant ce n’était pas la stérilesatisfaction d’amour-propre que procurent à leurauteur les compositions scientifiques ou littérai-res. Il voulait approfondir les choses pour son pro-pre compte et pour celui de son école, et paraîts’ètre assez peu soucié des applaudissements de ses
(t) Lomazzo dit que Léonard composa un livre en réponse àcette question, et que sa conclusion fut : Quanto piùun' arteporta scco fatica dicorpo, tanto più è vile. Trattato, lib. 2,cap. 14.