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jouteurs les plus consommés, tant pour l’adresseque pourlaforce; car de cette même main qui agis-sait comme un souffle magique sur les cordésd’une lyre et qui traçait sur la toile ou sur le pa-pier ces contours si légers et si gracieux qui exci-tent en nous tant d’admiration, Léonard pouvaittordre le battant d’une grosse cloche ou plier endeux un fer à cheval, et lancer ou retenir à son gréle coursier le plus fougueux. L’équitation était àvrai dire son exercice favori, et même sa prédi-lection en ce genre fut poussée quelquefois jus-qu’à l’extravagance, s’il est vrai, comme l’assureson biographe Yasari, que la pauvreté, qui levisita souvent, ne put jamais lui arracher le sa-crifice des chevaux et des serviteurs qu’il entre-tenait à grands frais (i), par l’effet de cette humeurgénéreuse qui lui faisait acheter les oiseaux cap-tifs pour avoir le plaisir de les rendre à la liberté;car, dit encore Yasari, il avait le cœur naturelle-ment grand, et la générosité se montrait danstoutes ses actions (2).
Génie supérieur et universel, travailleur infa-tigable, cavalier accompli, assez largement pourvude tous les dons de la nature pour être à peu près
(1) Non avendo nulla del contimo tenue sercitori e cacallide’ quali si dilettà molto. Vasari.
(2) Aveva grandissime animo ed in ogni sua azione era ge-nerosissimo. Ibid.