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l’art CHRÉTI1ÎN.fruit d’un si long travail sous les coups des en-vahisseurs étrangers qui ne savent pas encore ap-précier les productions de son rare génie.
Léonard, né en i45a, ne quitta Florence pourMilan que vers i 483, c’est-à-dire à peu près àl’époque où son maître venait d’exposer à l’ad-miration publique, conquise d’avance, le groupeen bronze représentant saint Thomas qui touchela plaie du Sauveur ressuscité. Son biographe,dans sa concision systématique, nous laissepresque entièrement ignorer ce que fit Léonardjusqu’à l’âge de trente ans. La fameuse tète deMéduse qu’on voit encore à la galerie des UJfizi yest à peu près tout ce qui reste des travaux qu’ilexécuta pendant son premier séjour à Florence,et l’on chercherait vainement la trace de cette fa-meuse rondache qui lui valut son premier succès,et de cette Vierge à la carafe , où l’on admiraittant les gouttes de rosée sur des fleurs (i), et duNeptune traîné par des chevaux marins, et ducarton d’Adam et Ève, la plus admirée des œuvresde sa jeunesse, sans parler de plusieurs portraitsdont un au moins, celui d’Amerigo Yespucci,aurait dù être préservé de la destruction ou de
(1) Ce lableau, qui avait appartenu à Clément VII, est cité pard’Argenville comme se trouvant encore de son temps au Vatican.Abrégé dr la vie des peintres, t. I, p. 148.