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constante imitation (x). Il y avait surtout des têtesde femmes dont la beauté était relevée par l’élé-gance de leur coiffure, et qui devaient beaucoupressembler à certains portraits, au crayon rouge,qu’on trouve en assez grand nombre parmi lesouvrages de Léonard.
Un voyage à Rome et la vue des monuments an-tiques révélèrent à Verocchio sa véritable voca-tion, mais sans lui faire subir le joug de l’antiqui-té ; et l’on peut dire que sous ce rapport, commesous beaucoup d’autres, il fit son élève à sonimage. L’histoire de l’art n’offre pas d’exempled’une pareille concordance ; pour l’exprimercomplètement, il faut recourir à la langue philo-sophique de Leibnitz, et dire qu’il y eut entre lesesprits et les destinées de ces deux artistes, unesorte d 'harmonie préétablie. Dans aucun des deuxla grâce n’exclut la force ( 2 ) : même admirationpour les chefs-d’œuvre de l’antiquité grecque etromaine, même prédominance des qualités plas-tiques (3), même passion pour le fini des détails
(1) I quali Leonardo sempre imito. Vasari.
(2) A défaut de ces gracieux dessins dont parle Vasari, onpeut voir la petite statue de David parmi les bronzes de la galeriedes Uftizi, et l’Amour monté sur un dauphin, dans la cour inté-
ieure du Palais-Vieux.
(3) Cela est évident pour Verocchio ; quant à Léonard, nousferons voir ailleurs que son économie de la lumière tend pres-que toujours à donner du relief aux formes.