LÉONARD DE VINCI.
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de certaines images miraculeuses, furent mises enharmonie avec le goût plus épuré du siècle, et de-vinrent à la fois dignes et de la sainteté du lieuet des sentiments qu’elles devaient exciter dans lesâmes(i). Embrassant dans sa prévoyance artisti-que les consolations de la dernière heure, il s’ef-força de reproduire les divins traits du Sauveurexpirant sur la croix, et ses crucifix jouirentlongtemps d’une vogue bien méritée parmi les Flo-rentins ( 2 ). Il excellait en outre à recueillir ce quela mort avait laissé de beauté et de caractère surles visages inanimés, et il créa ainsi pour son artune attribution toute nouvelle (3), dont les pro-duits, empreints d’une certaine grâce funèbre,n’avaient rien de commun avec cette reproductionservile et cadavéreuse dont nous sommes forcésde nous contenter aujourd’hui.
Toutes ces œuvres fragiles ont disparu depuislongtemps, ainsi que les dessins si gracieux et sisoignés que possédaient Yasari et Borghini, etqui furent pour l’élève de Yerocchio un objet de
(1) Il y avait à Florence un fameux modeleur de statuettesnommé Orsino, dont Verocchio fit un véritable artiste, en luiapprenant à soigner un ex-voto comme une œuvre d’art.Vasari.
(2) Voir dans Vasari le récit des derniers moments d’un artistequi demanda comme grâce suprême qu’on lui donnât un crucifixde Donatello au lieu de celui qu’on lui avait mis entre les mains.
(3) Vasari, Vïta di yerocchio.