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les mains habiles de Lorenzo Ghiberti et de Maso-Finiguerra. Les ouvrages de ce genre qu’exécutaVerocchio, avec ou sans le concours de ses élèves,ont eu le sort de tant d’autres chefs-d’œuvre detrop petites dimensions : ils ont été dispersés oudétruits. Mais le rétable en argent ciselé qui dé-core le maître-autel du baptistère de Florence, lejour de la fête du saint dont le culte y a remplacécelui du dieu Mars (i), suffit pour donner uneidée de la finesse de goût et de la supérioritéd’exécution qui faisaient tant admirer tout ce quisortait de sa main (2).
Pénétré de sa mission d’artiste chrétien, il tra-vaillait par tous les moyens à l’éducation esthéti-que de ses concitoyens, et il étendait cette géné-reuse initiation aux plus pauvres d’entre eux, enréformant l’art religieux dans ses rapports avecla dévotion populaire. Grâce à son interventionaussi opiniâtre que désintéressée, les petites sta-tues votives que la pieusereconnaissance des fidè-les suspendait dans certains sanctuaires ou auprès
(1) On sait que saint Jean-Baptiste était le patron de la villede Florence, et que la rotonde qui sert aujourd’hui de baptistèrefut jadis un temple consacré au dieu Mars.
(2) Les coupes ciselées d’André Verocehio, aujourd’hui à peuprès introuvables, furent très-recherchées dans toute l’Italie;plus tard, la décadence du goût leur fit préférer celles de Ben-venuto Cellini. Verocchio excellait aussi à faire des agrafes dechapes. Ce fut un ouvrage de ce genre qui fit la fortune deBenvenuto Cellini auprès de Clément Vil.