LÉONARD DE VINCI.
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été bien étonnés d’apprendre qu’un pauvre artisterebuté par Laurent le Magnifique et Léon X, avait,dés la fin du xv' siècle, moitié par déduction,moitié par divination, entrevu ou pressenti lesvrais principes de la philosophie naturelle et lesapplications merveilleuses qu’on pouvait en faireun jour, comme la pesanteur de l’air et la con-struction du baromètre, l’élasticité de la vapeuret son emploi dans les machines de guerre, l’u-sage du pendule pour mesurer le temps, sanscompter une multitude d’hypothèses enfouiesdans ses manuscrits souvent si mystérieux et au-jourd’hui si disséminés(i).Tantôt ce sont des aper-çus géologiques qui étonnent par leur justesse etleur coïncidence avec les faits si récemment et silaborieusement constatés ; tantôt ce sont des vuesqui semblent révéler un continuateur hardi d’Ar-chimède : on a même cru trouver, dans certainspassages, le germe de la grande théorie cosmogo-nique de Leibnitz, si bien développée par Buf-fon (2J. Il revient si souvent sur la nécessité del’expérience comme interprète des artifices de lanature , qu’on pourrait à bon droit ajouter le nom
(1) La plus grande partie de ces manuscrits se trouve à la bi-bliothèque de l’Institut. Il en est resté plusieurs à Milan, et il yen a un à Holkham, en Angleterre, chez le comte de Leicester.
(2) Voir l’exeelleni travail de M. Delécluze sur Léonard deVinci, et YHistoire des sciences mathématiques en Italie, parM. Libri, vol. III, pp. 205-238.