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l’art chrétien.voir pas à se dédire. Doué de facultés prodi-gieuses, presque toujours maintenues dans unéquilibre, parfait malgré leur apparente incom-patibilité, Léonard put à son gré ouvrir des hori-zons nouveaux à ses contemporains dans les diversdomaines de l’intelligence, et combiner l’amouret la recherche de l’idéal avec des préoccupationsscientifiques d’une tendance tout opposée. Onpeut dire que, seul entre tous les artistes, par laforce, la hauteur et la souplesse de son génie, ils’éleva jusqu’à la synthèse de l 'idéalisme et duréalisme , comme s’il avait eu à jouer un rôle ana-logue à celui qu’a joué de nos jours le célèbreSchelling, nul philosophe moderne n’ayant péné-tré aussi avant que ce dernier dans les mystèresde l’art, et nul artiste n’ayant pénétré aussi avantque Léonard dans les mystères de la science. Gé-nie à la fois aventureux et observateur, on eûtdit qu’il avait toujours une inconnue à dégagerdanstl’un ou l’autre de ces deux domaines. Mal-heureusement l’activité de l’exécution ne répon-dit pas chez lui à la grandeur des conceptions, etle désordre apparent dans lequel il nous a laisséle fruit de ses méditations ou de ses intuitions, aété cause qu’une justice si incomplète lui a étérendue par ses contemporains et par la postérité.
Assurément les auteurs des belles découvertesdont la civilisation moderne est si hère, auraient