ÉCOLE LOMBARDE.
23
Heureusement pour Milan, et plus heureuse-ment pour l’art, le moment d’une régénérationapprochait et elle devait commencer sous les aus-pices d’un héros que son âme et son goût ren-daient digne d’une pareille mission. Ce héros étaitFrançois Sforza, en qui de fréquentes expéditionset des séjours prolongés dans les villes de la Tos-cane et surtout de l’Ombrie avaient fait naître ledésir d’imiter les Montefeltro d’Urbin, les Ba-glioni de Pérouse, et les Médicis de Florence, dansl’essor et l’encouragement qu’ils avaient su don-ner aux beaux-arts; et l’on peut dire qu’il lessurpassa presque tous par la pureté de ses ten-dances et par le nombre de ses fondations à lafois magnifiques et pieuses. Le grand hôpital deMilan, dont Vasari parle avec tant d’admiration etqui fut fondé en 1 456, honore la mémoire du fon-dateur encore plus que celle de l’architecte Ave-rulino,. que François Sforza ht venir tout exprèsde Rome où il l’avait vu travailler aux portes debronze de la basilique de Saint-Pierre (i). Pen-dant que cet artiste florentin présidait à la cons-truction de ce monument et à celle de la grandeéglise de Bergame, des artistes nationaux, sollicitéspar le réveil de la patrie et par l’émulation, re-prenaient les travaux du dôme tristement suspen-
(1) Il y a dans le musée Trivulce un manuscrit précieux decet Averulino avec une dédicace au duc Sforza.