22 l’art chrétien.
l’église de Saint-Gothard en 1 4 12. Mais cette déli-vrance inespérée ne put pas faire sortir l’art del’espèce de léthargie où il était tombé. Le peud’ouvrages qui furent exécutés sous son succes-seur, et dont les plus remarquables sont dansl’église de Saint-Eustorge (i),y figurent assez tris-tement à côté du magnifique tombeau de saintPierre, martyr, fait un demi-siècle auparavant.Mais c’était surtout dans la famille même des Vis-conti que la décadence était visible et rapide. Ledernier prince de cette dynastie n’attacha sonnom à aucune espèce de monument, à moinsqu’on ne veuille lui tenir compte du commentairequ’il fit composer à François Philelfe sur Pé-trarque, son poète favori. Cette prédilection, etl’admiration qu’il professait pour le Dante, dontil se faisait lire et expliquer le poème par Mar-ziano, deTortone, ne semblent guère compatiblesavec les vices de son cœur et de son caractère,qui, joints à ses difformités physiques, offraientà ses sujets un assemblage assez repoussant pourqu’ils vissent sans regret l’extinction de cette dy-nastie épuisée.
(1) Dans la chapelle de Saint-Jean fondée par le fils de PierreVisconti, il y a deux tombeaux assez curieux celui de GaspardVisconti et celui d'Agnès Besozzi, sa femme, avec la date 1427.Il y a un tombeau du même style dans l’église de Saint-Marc,avec la date 1407.