ÉCOLE LOMBARDE.
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leurs ouvrages l’empreinte plus ou moins mar-quée de la décadence où tombèrent les arts, lesmœurs et les caractères sous les successeurs im-médiats du grand Yisconti. Cette lourde statue dupape Martin Y, que fit ériger Philippe-Marie Vis-conti, en mémoire de la consécration du dômepar le souverain pontife en personne, est le chef-d’œuvre de Giacobino da Tradate, sculpteur telle-ment en vogue vers i/jio, qu’on lui permettait àgrand’peine d’interrompre ses travaux de la ca-thédrale, pour se mettre pendant quinze jours auservice des dominicains de Saint-Eustorge. Quepouvait produire de grand dans le domaine del’art, ou dans tout autre domaine de l’intelligence,le patronage d’un tyran comme ce Jean-MarieVisconti, qui dressait des chiens à dévorer ses su-jets ou qui lançait sur eux des satellites armés,quand épuisés par la guerre ils le suppliaient defaire la paix ; qui défendait sous peine de mort deprononcer ce mot, pour lui si odieux, sans excep-ter de cette brutale défense le prêtre célébrant lesaint sacrifice? Sous une pareille domination, iln’y avait pas de milieu entre l’abrutissement parla terreur et l’exaspération par le désespoir, et cen’était pas chez un peuple comme les Milanaisqu’un pareil sentiment pouvait rester stérile.Une troupe de conjurés, qui avaient presque tousà venger la mort d’un frère, le massacra dans