ÉCOLE LOMBARDE.
7
Soit sympathie naturelle entre le génie toscanet le génie lombard, soit disposition heureuse dece dernier à recevoir et à féconder dans son seinles germes venus du dehors, il est certain que lesartistes florentins transplantés en Lombardie,non-seulement n’y dégénérèrent jamais, mais sem-blèrent plutôt y prendre un nouvel essor. On entrouve des preuves, longtemps avant Léonard deVinci, dans le cours du xiv e et du xv e siècle; àquoi il faut ajouter l’impression profonde qu’ylaissèrent le souvenir et les écrits du Dante, écritsqui ne furent peut-être nulle part mieux comprisni plus admirés, et dont l’archevêque Jean Vis-conti voulut faciliter l’intelligence. Ce queGiotto yfit pour la peinture, un autre Toscan, Jean deBalducci, de Pise, le fit pour la sculpture. Sortid’une école qui avait merveilleusement régénérécette branche de l’art d’un bout à l’autre de l’Ita-lie (i), il exécuta, pour les Milanais, des monu-ments qui ne méritent pas la critique sévère qu’ena faite Cicognara. Le tombeau de saint Pierre-Martyr, à Saint-Eustorge, qui rappelle celui desaint Dominique, àBologne, et dont ladate(i339)coïncide avec la victoire si populaire de Parabiago,n’est pas seulement admirable sous le rapport
(1) Vasari dit que du temps de Nicolas de Pise, mnlti mossida lodevole invidia si misero con più studio alla scollura,particularmente in Milano.