4
l’art chrétien.d’une inspiration toute spéciale. Ce sont d’abordles mosaïques grandioses de l’abside, et lesmajestueuses figures de saints qui décorent lachapelle de saint Satyrus, puis les bas-reliefs clas-siques de la chaire, après lesquels viennent,mais à un long intervalle, ce qu’on pourrait ap-peler les richesses mobilières de cette basilique,comme le bénitier d’ivoire donné par l’arche-vêque Godefroi, et le magnifique livre des Evan-giles donné par cet archevêque Aribert, quiinventa le caroccio pour les batailles au commen-cement du xi e siècle ; sans parler d’une quan-tité de diptyques depuis longtemps dispersés oumutilés, et dont quelques précieux débris se con-servent encore aujourd’hui dans le trésor de lacathédrale.
Il reste trop peu de fragments des peintures duxii e et du xm 0 siècle pour qu’il soit possible d’enfaire la matière d’une classification ou d’une ap-préciation vraiment satisfaisante. On peut jugerde leur caractère général par celles de la vieilletour du Monastero Maggiore, l’ouvrage le pluscomplet et le mieux conservé de cette époque, etle plus propre à prouver qu’à Milan, comme dansle reste de l’Italie, la peinture avait besoin d’unrégénérateur.
Mais quand ce régénérateur parut, au com-mencement du xiv e siècle, le génie des premiers