DISCIPLES DE SAVONAROLE.
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L'histoire de ses rapports avec quelques âmes enqui la foi à l’idéal n’était pas encore éteinte, offreun des plus consolants spectacles au milieu de ladégradation croissante dont elle était témoin. Samission, la plus belle et la plus sainte qu’il fût pos-sible de remplir dans lin siècle comme le sien, étaitde cultiver les jeunes cœurs confiés à sa direction,de manière à y faire germer les vertus dont la géné-ration naissante se souciait le moins, et il fallait queles saines traditions ne fussent pas encore éteintesdans les grandes familles, puisque sœur Catherinene comptait pas moins de i5o filles nobles réunies,sous son intelligente direction, dans cette maisonprivilégiée dont elle était abbesse; ce qui suppose,dans ces mêmes familles, un respect traditionnel etnon déguisé pour la mémoire de Savonaroie, mé-moire importune et odieuse au maître absolu quigouvernait alors Florence.
C’était surtout le couvent de Saint-Marc qui luifaisait ombrage, à cause des souvenirs qui s’y ratta-chaient, à cause du respect qu’on y professait pourles résistances patriotiques, à cause des prédicationshardies et des prières séditieuses. Tous ces griefsréunis firent éclater, en i5/|5, la foudre qui gron-dait depuis longtemps, et les Dominicains chassésà la fois de ce couvent et de celui de Fiesole, n’au-raient eu aucun recours contre cet acte de brutaleviolence, si l’énergique intervention de Paul III quioccupait alors le Siège pontifical, n’avait contraintle persécuteur à fléchir devant une puissance que