DISCIPLES DE SAVOXAROLE.
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vivante, ni sur les modèles réputés classiques, nimême sur les effets de lumières, dans leurs rapportsavec la perspective. Tout ce qu’on pouvait faire poursuppléer à ces lacunes dans l’éducation artistique,c’était de s’aider de dessins, de gravures ou de ta-bleaux importés du dehors, ce qui était incompa-tible avec une vitalité réelle, surtout dans des ou-vrages de grandes dimensions. Aussi, dans cedernier cas, Sœur Plautilla recourait-elle à uneinvention des plus comiques, qui consistait à faireposer les moins timides d’entre ses compagnes, et àles affubler de vêtements de l’autre sexe, et debarbesplus ou moins touffues, pour les élever à la hauteurd’un rôle masculin. On peut voir, à l’Académie desBeaux-Arts, dans une composition d’ailleurs assezpathétique, le produit curieux de cette combinaisonqui pouvait avoir, entre autres inconvénients, celuide faire naître le sourire sur des lèvres entr’ouvertespour prier. C’est une Déposition de croix, dans la-quelle le rôle des femmes est bien senti et assez bienrendu, et le paysage, emprunté à quelque compo-sition ombrienne, déroule autour du mont Calvaireun vaste espace éclairé avec une entente suffisantedes lois de la perspective. L’artiste avait à luttercontre des difficultés du même genre, dans son ta-bleau de l’Adoration des Mages, et dans celui de laDescente du Saint-Esprit, qu’elle peignit pour l’églisede Saint-Dominique de Pérouse, et qu’on peut y voirencore aujourd’hui. Il paraît que sa manière derésoudre ces difficultés ne blessait ni le goût ni la