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l’art chrétien.
tains détails qui manquent de correction, on peutdire que l’esprit du maître respire encore dans cettegrande composition, et l’on peut ajouter qu’à cetteépoque (i5a8), Florence aurait eu quelque peine àtrouver un peintre capable d’exécuter une œuvreplus digne d’être placée sur un autel. Celle-ci a enoutre le mérite d’être un acte de courage, en ce quel’artiste, enhardi sans doute par la sympathie de sespatrons, y a placé, mais de profil seulement, le por-trait de Savonarole, excès d’audace qu’on lui auraitdifficilement pardonné s’il avait travaillé pour uneéglise Florentine.
Quand Fra Paolino mourut en 1 547, ^ ava >t en-coreen sa possession les dessins que lui avait léguésFra Bartolommeo, et il avait désigné pour héritièrede ce trésor une religieuse Dominicaine connue, dansl’histoire de l’art, sous le nom de Sœur PlautillaNelli. A quatorze ans, elle avait pris l'habit dansle couvent de Sainte-Catherine, à Florence, en mêmetemps que sa sœur Petronilla, qui en avait quinze.La mémoire de Savonarole y était d’autant plus envénération, que c’était par ses conseils, et pour ainsidire sous ses auspices, que l’étude de la peinture etde la miniature y avait été mêlée aux exercices depiété. On comprend que, dans ces deux branchesde l’art, la seconde seule pouvait être cultivée, avecquelque chance de succès, dans un asile où les pres-criptions de la vie claustrale étaient observées avecla dernière rigueur, et où nulle étude sérieuse n’é-tait possible, ni sur la nature morte, ni sur la nature