Druckschrift 
2 (1861)
Entstehung
Seite
534
Einzelbild herunterladen
 

534

lart chrétien.

Une année seulement séparait alors Fra Barlo-loinmeo de sa dernière heure, et cette année fut em-ployée comme sil avait eu peur de paraître devantI) ieu les mains vides. Les loisirs que lui laissaientles intervalles de ses souffrances, furent partagésentre son couvent de Saint-Marc et sa retraite favo-rite de Pian di Mugnone. On peut encore voir, àlAcadémie des Beaux-Arts, les bustes de saints etde saintes quil avait peints, en guise de décoration,à la voûte dune petite chapelle attenante à lécoledu couvent (il giovanuto). Ce sont, en quelquesorte, des improvisations de son pinceau, dans les-quelles il ne faut pas chercher le fini dexécutionquon trouve dans ses tableaux dautel. Je les ap-pellerais volontiers un pieux remplissage, si cetteexpression était compatible avec le respect quondoit éprouver en présence de ces opuscules testa-mentaires que leur destination seule suffirait pourrendre intéressants. On voudrait seulement quele naturalisme y occupât moins de place, ou dumoins que les portraits eussent été plus heureuse-ment choisis; car il y a des têtes extrêmement pro-saïques, comme celle de saint Jean-Baptiste. La plusbelle de toutes est celle de saint Thomas dAquin,et, si elle a été prise sur un modèle vivant, on doitdire quil était impossible den choisir un meilleur;car le regard est à la fois net et ferme et il y a, dansla partie inférieure du visage, une accentuation vi-goureuse qui est commune à tous les portraits tra-ditionnels du grand docteur Dominicain. Cequûly