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l’art chrétien.
Une année seulement séparait alors Fra Barlo-loinmeo de sa dernière heure, et cette année fut em-ployée comme s’il avait eu peur de paraître devantI) ieu les mains vides. Les loisirs que lui laissaientles intervalles de ses souffrances, furent partagésentre son couvent de Saint-Marc et sa retraite favo-rite de Pian di Mugnone. On peut encore voir, àl’Académie des Beaux-Arts, les bustes de saints etde saintes qu’il avait peints, en guise de décoration,à la voûte d’une petite chapelle attenante à l’écoledu couvent (il giovanuto). Ce sont, en quelquesorte, des improvisations de son pinceau, dans les-quelles il ne faut pas chercher le fini d’exécutionqu’on trouve dans ses tableaux d’autel. Je les ap-pellerais volontiers un pieux remplissage, si cetteexpression était compatible avec le respect qu’ondoit éprouver en présence de ces opuscules testa-mentaires que leur destination seule suffirait pourrendre intéressants. On voudrait seulement quele naturalisme y occupât moins de place, ou dumoins que les portraits eussent été plus heureuse-ment choisis; car il y a des têtes extrêmement pro-saïques, comme celle de saint Jean-Baptiste. La plusbelle de toutes est celle de saint Thomas d’Aquin,et, si elle a été prise sur un modèle vivant, on doitdire qu’il était impossible d’en choisir un meilleur;car le regard est à la fois net et ferme et il y a, dansla partie inférieure du visage, une accentuation vi-goureuse qui est commune à tous les portraits tra-ditionnels du grand docteur Dominicain. Cequûly