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l’art chrétien.
puissance, et les deux figures de prophètes, Job etIsaïe, ne seraient pas indignes d’ètre placées à côtéde certaines créations du génie de Michel-Ange. Dansla partie centrale, le Christ, posé en triomphateursur son tombeau, avec un geste et un mouvementqui expriment admirablement son triomphe, estdessiné avec une verve ou plutôt avec un élan cpiisemble inspiré par le sujet même; mais outre quele type n’en est pas heureux (i), non plus cpie lecostume, on ne voit pas assez clairement comment,il est mis en rapport avec les emblèmes placés au-dessous de lui, et avec les quatre Évangélistes, quisont là comme des figures de remplissage, sansaucune trace d’inspiration, et n’ayant rien dans leurphysionomie qui puisse faire deviner leur rôle etleurs caractères respectifs. Cette remarque s’appliquesurtout à la tête de saint Jean, qui aurait dû être laplus belle, et cpii est, au contraire, la plus insigni*liante de toutes.
C’est que la nouvelle voie dans laquelle Fra Bar-tolommeo s’était engagé, par déférence pour le goûtdominant, l’éloignait de l’idéal, au lieu de l’en rap-procher, et le condamnait d’avance à perdre ducôté de la suavité, de la grâce et de la pureté desformes ce qu’il gagnerait du côté de la science etde la grandeur. Mais comment résister à l’entraîne-ment universel qui lui imposait, à lui et aux autres,
(1) Ce type de Christ est beaucoup plus salisfaiant dans le dessineriginal qui est à la galerie des Uffîzj