DISCIPLES DE SAVONAROLE.
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laisser de pareils services sans récompense, et lefavori, que ne gênait plus son costume de Domini-cain, obtint de son bienfaiteur, d’abord le prieuréde Saint-Sylvestre, sur le Quirinal, ensuite l’officetrès-lucratil des Bulles, resté vacant depuis la mortde Bramante.
Ce fut entre les mains de ce personnage moitiébouffon, moitié renégat, que Fra Bartolommeotomba tout d’abord. Ce fut à ce honteux patronagequ’il se résigna, lui qui avait été l’ami de cœur deRaphaël et dont les œuvres pouvaient presque ri-valiser avec les siennes ! La tâche n’était pas ingrateen elle-même, puisqu’il s’agissait de peindre, dansRome, les images des deux grands apôtres quil’avaient, conquise à la foi chrétienne. C’est cette idéede conquérants spirituels, qui a obsédé et exaltéson imagination, pendant qu’il traçait, dans unstyle tout nouveau pour lui, ces deux figures gran-dioses et particulièrement celle de saint Paul, quise prêtait mieux à ce genre d’évolution (i). Soithonte, soit dégoût, soit disposition maladive quine fit que s’aggraver dans la suite, il partit, laissantà son ami le soin de finir la figure de saint Pierre,et sans que Léon X eût daigné abaisser sur lui unde ces regards vivifiants qui, au dire de ses pané-gyristes, avaient la vertu de faire écJore des chefs-d’œuvre.
(1) Ces deux tableaux se trouvent maintenant dans le palais duQuirinal