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l'art CHRETIEN.
gea de l’éducation de son jeune frère, mettant à lamerci d’un homme sans scrupule et sans frein lesmœurs et l’héritage d’un pauvre orphelin qui n’a-vait pas d’autre protecteur (i). Nous l’avons vu, àplusieurs reprises, l’associer à ses travaux et à sesprofits, puis rompre cette association, pour la re-nouer ensuite, sans qu’il pût jamais trouver en lui-même l’énergie nécessaire pour se débarrasser défi-nitivement d’un tel joug.
Une aventure l’attendait à Rome, qui mit encoreplus en évidence la timidité de son caractère. Lepremier patron qui s’offrit à lui, fut un certain Ma-riano Fetti, ancien frère conversdu couvent de Saint-Marc, qui avait pris l’habit des mains même de Sa-vonarole, en i 495, et qui, pour se laver de cettesouillure, avait joint à sa qualité de transfuge celled’adulateur servile auprès des Médicis. Léon X,qui avait goûté la tournure joviale de son esprit, nefut pas plutôt monté sur le trône pontifical, qu’ille fit venir à sa cour, pour y remplir la seule chargeà laquelle il fût propre, c’est-à-dire pour égayerl’hôte et ses convives par ses propos joyeux et pardes bouffonneries qui n’étaient pas toujours dumeilleur goût. Le nouveau pontife, qui aimait àdétendre les ressorts de son esprit, se garda bien de
(1) On peut voir dans le P. Marchese, livre lit, chap. 3, les in-croyables dispositions de ce contrat. Les suites de cette imprudenteconfiance furent telles qu’on pouvait les attendre, et, à dater de cetteépoque, il n'est plus question de ce jeune frère dans l’histoire de FraBartolomnieo.