DISCIPLES DE SWONAROLE.
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tion, le réconciliait sans peine avec cette révolution,dans laquelle de plus clairvoyants que lui n’aper-cevaient qu’un symptôme de progrès indéfini. 11 selança donc, lui aussi, dans cette voie nouvelle, etles deux figures de saint Pierre et de saint Paul,qu’on voit encore aujourd’hui dans le palais duQuirinal, furent le produit du premier accès d’ému-lation que lui donnèrent la vue des fresques de lachapelle Sixtine et l’enthousiasme universel dontelles étaient l’objet. Assurément on ne peut pasdire qu’il ait égalé son modèle ; mais quiconqueaura comparé ces deux apôtres et particulièrementsaint Paul, avec le prophète Isaïe que Raphaël, parun motif du même genre, peignit dans l’église deSaint-Augustin, sera obligé de convenir que, sous lerapport de la force et de la grandeur, Fra Barfo-lornmeo s’est montré supérieur à son ami (f). -Au reste, ces qualités, qui étaient constitutiveschez Michel-Ange, étaient dans son imitateur, pure-ment artificielles, et l’histoire de sa vie nous le montretoujours impuissant à lutter contre les obstacles quelui suscitaient les événements ou les volontés étran-gères. Faible devant l’ennemi, le jour où il fallutcombattre, il le fut encore davantage dans ses rela-tions avec ses amis. Non-seulement il se laissa do-miner par Albertinelli, non-seulement il toléra sesvices et sa haine contre Savonarole, mais il le char-
(1) Les deux cartons originaux sont conservés à Florence, dans l’A-cadémie des Beaux-Arts.