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2 (1861)
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l’art chrétien.

Jusqu’à présent, Fra Bartolommeo avait subisuccessivement l’influence de Léonard, celle deRaphaël et celle de Giorgione, travaillant, avec plusou moins de succès, à s’approprier les qualités dis-tinctives de chacun de ces trois grands maîtres. Illui restait à tenter une dernière expérience, la plushasardeuse de toutes, en allant voir les prodigesqu’opéraient à Rome le pinceau et le ciseau deMichel-Ange. Il entreprit donc ce pèlerinage enT 5 j 4, et, après avoir peint pour les Dominicainsde Yiterbe une apparition du Christ à la Made-leine, avec un autre tableau inachevé (i), il setrouva enfin au milieu de toutes ces récentes mer-veilles qui avaient fait tourner des tètes plus fortesque la sienne. Celle même de son ami Raphaël n’yavait pas tenu, et les peintures grandioses de lachambre de l’IIéliodore lui prouvèrent qu’il avaitcapitulé devant son rival. Que cette capitulation fûtvolontaire, ou qu’elle fût imposée par l’opinionpublique qui, si l’on en croit un contemporain, nepardonnait pas à Bembo d’avoir placé Raphaël etMichel-Ange sur la même ligne ( 2 ), il était difficilequ’une imagination aussi mobile et aussi peu ca-pable de réaction que l’était celle de Fra Bartolom-meo, ne fût pas ébranlée par cette imposante una-nimité de suffrages. D’ailleurs, sa modestie jointe àses habitudes éclectiques et à sa facilité d’assimila-

(1 ) Ce tableau représentait la Vierge entourée des principaux saintsde l’Ordre de Saint-Dominique. P. Marchese. Memorie, etc.1.III, ch.6.

(2) Lodovico Dolce, Dialogo.