DISCIPLES DE SAVONAROLE.
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Rome, je crois qu’il faut placer deux compositionsqui lurent fort admirées de son temps, et qui pa-raissent avoir été achevées ou du moins coloriées,l’une et l’autre, par Bugiardini, devenu le succes-seur peu expéditif d’Albertinelli, dans cet emploisubalterne ; je veux parler de l’enlèvement deDina,que Michel-Ange lui-mèine, d’après un témoignagecontemporain, ne pouvait se lasser d’admirer (i), etde la magnifique déposition de croix, qu’on voit aupalais Pitti.
Ce n’est pas à tort qu’on regarde ce dernier ta-bleau comme un des chefs-d’œuvre de l’artiste.Tout en s’inspirant de celui dans lequel Fra Ange-lico a traité si pathétiquement le même sujet, il asu joindre l’originalité à la profondeur de senti-ment, et il a modifié, avec un goût exquis, dans laVierge et dans la Madeleine, l’expression de ladouleur dont leur âme est transpercée. Le nu,dans le corps du Christ, est traité sans ostentationanatomique, mais avec assez de science pour impo-ser silence aux détracteurs systématiques de l’artiste.L’ordonnance, le dessin, la couleur, l’accentuationgénérale et particulière, tout est calculé pour satis-faire et pour émouvoir. Il n’y a de restrictions àfaire que pour la tète de saint Jean, qui ne présenteni la même finesse de touche ni la même élégancede formes, et qu’on peut, sans injustice, attribuer aupinceau plus lourd de Bugiardini.
(! Gave, Carteggio intJifo, vol. H, p- 231;