centrales, sainte Anne attire plus les regards que lasainte Vierge, non-seulement à cause de la placeplus éminente qui lui est assignée, mais aussi àcause de l’intensité de sa prière vers le ciel, et mêmeà cause de sa beauté, qui surpasse de beaucoupcelle de la plupart des Madones peintes par FraBartolommeo. L’artiste républicain avait ses raisonspour en agir ainsi. Ce 26 juillet r343, jour de lafête de sainte Anne, elle avait été saluée comme li-bératrice de la patrie, parce que, ce jour-là, onavait mis fin, par l’insurrection, à l’odieuse tyran-nie du duc d’Athènes, et depuis lors, le souvenir deson intercession efficace pour la liberté florentine,souvenir consacré par l’oratoire d’Or-San-Michele,ne s’était jamais effacé du cœur des citoyens. A leursyeux, cette victoire était plus importante que celledeCampaldino, remportée le jour de saint Barnabé,ou que celle de i364 sur les Pisans, attribuée, pourla même raison, à la protection de saint Victor, ouque la défaite du Goth Radagaise, attribuée par latradition populaire à sainte Reparafa. Tout ce pa-tronage céleste figure dans le tableau avec d’autressaints , parmi lesquels on distingue saint Jean-Baptiste et saint Jean-Gualbert, admirable d’attitudeet d’expression, et saint Antonin, le père des pau-vres de son vivant et après sa mort, lequel est repré-senté sous les traits et le costume de Fra Bartolom-meo, en guise d’hommage sympathique à sa mé-moire.
Entre cet ouvrage de circonstance et le voyage de