i/art chrétien.
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perfection qui ne laisse rien à désirer, ce qu’on nepeut dire ni de l’Enfant-Jésus, ni des anges, d’ail-leurs si gracieux et si bien balancés, dont les formesse perdent dans les ombres noirâtres du tableau.
En face dé l’autel où était exposé celui-ci, onavait construit un autre autel, orné d’un autre ta-bleau dont le sujet devait être la glorification desainte Catherine d’Alexandrie, comme le sujet del’autre était la glorification de sainte Catherine deSienne. On a quelque peine à comprendre qu’unartiste Dominicain ait été mieux inspiré pour la pre-mière de ces tâches que pour la seconde; à moinsqu’on ne veuille admettre, ce qui est très-vraisem-blable, que son opinion sur le mérite respectif deces deux compositions, était précisément l’inversede la nôtre; d’où il faudrait conclure que ce ne futpas l’inspiration qui lui manqua, mais qu’en vou-lant agrandir sa manière et renforcer les ombrespour donner plus de relief à ses figures, il sacrifiaun peu trop la grâce à l’effet, par déférence pour legoût dominant. Aussi les. suffrages de ses contem-porains ne lui firent pas défaut, et Pierre de Cor-tone, l'oracle de son siècle, du moins pour les Flo-rentins, disait que le mariage de sainte Catherineétait le plus beau tableau qvx’il y eût à Florence. Ilest vrai qu’il regardait celui qui lui servait de pen-dant, non pas comme une imitation, mais commeune production de Raphaël lui-même, éloge exagéré,sans doute, mais qui n’était pas entièrement dénuéde fondement.