DISCIPLES DK SAVOSfAKOLE.
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coïncide exactement avec les années qui précé-dèrent et suivirent immédiatement la catastrophede Savonarole; ce qui ferait supposer que Montedi Giovanni porta le deuil du grand prédicateur àla manière de Botticelli, son collaborateur et peut-etre son maître, c’est-à-dire qu’il déposa, commelui, son pinceau et ne le reprit que quand l’inspi-ration eut triomphé de sa douleur. Ce qui donneplus de vraisemblance à cette supposition , c’est,outre son inaction de plusieurs années (i), le fré-quent hommage rendu par lui à la mémoire deson héros, qu’il osa immortaliser à sa manièreen introduisant son image dans plusieurs de sescompositions, tantôt comme figure accessoire fai-sant partie d'un groupe, tantôt comme figure prin-cipale, avec la tiare pontificale à défaut d’auréole.C’était sans doute la première fois que cette humblebranche de l’art se constituait vengeresse de l’inno-cence contre les persécuteurs et les bourreaux !
Le volume où se trouve consignée cette ven-geance fait partie d’une magnifique collectionconservée dans la cathédrale de Florence et ap-préciée seulement dans ces derniers temps, bienqu’elle surpasse en richesse et en finesse d’exécutionla plupart des trésors de ce genre possédés par lesdifférentes villes d’Italie. Pour ne parler que desGraduels et des Antiphonaires, leur nombre ne s’é-
(1) De 1198, date de la mort de Savonarole, jusqu’à 1508, Montedi Giovanni ne peignit pour le Dôme qu’un épistolaire; mais de 1515a 1527, il peignit quinze antiphonaires et cent onze miniatures.