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l’art chrétien.
lève pas à moins de quatorze, et leur exécution inter-rompue de loin en loin par d’autres travaux, occupaplus de vingt années de la vie de l’artiste, de sortequ’entre ses premières miniatures pour le couventde la Badia et l’hospice de Santa-Maria-Nuova, etses dernières miniatures pour le dôme de Florence,il existe un intervalle de plus d’un demi-siècle.De là cette prodigieuse différence de style qu’onremarque entre les uns et les autres, différencequi n’a rien de commun avec les symptômes dedécadence qui commençaient à poindre dans toutesles branches de l’art, mais qui tient au désir qu’ilavait d’élever celle dont nous parlons à la hauteurde la peinture proprement dite. L’entreprise étaithardie et, à mesure qu’elle avançait, elle semblaitdevoir être de plus en plus au-dessus des forcesd’un vieillard qui y travaillait encore à près dequatre-vingts ans ; mais plus on examine cettelongue série de compositions, plus on se convaincque sa verve ne l’abandonna jamais. Et je ne parlepas ici seulement de la verve d’inspiration, puiséepar lui à une source qui ne fait pas acception desâges; je parle aussi de la verve purement pitto-resque qui est plus dépendante des organes et qui,en s’affaiblissant ayec eux, nuit à la vigueur de latouche et rend les tours de force impossibles dansla combinaison des lignes. Or il n’y a pas la moindretrace de ce double affaiblissement dans les œuvresdu peintre dont nous parlons. Les conquêtes qu’ilfait au profit de son art, en agrandissant sa ma-