DISCIPLES DE SAVONAROLE.
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venons de signaler; car nul n’a moins songé queBotticelli à satisfaire la curiosité chronologique deses admirateurs. Une fois, dans ses vieux jours, illui arriva de déroger à son habitude ; ce fut quandil peignit, en i5ii, c’est-à-dire à l’âge de soixante-quatre ans, le tableau apocalyptique qui se trouveaujourd’hui à Londres, et qui représente, avec uneoriginalité pleine de verve, la Nativité du Sauveur (i).C’est sans doute un écho affaibli de quelque exégèsede Savonarole, ou peut-être une réminiscence dugrand ouvrage qu’il avait exécuté longtemps aupa-ravant pour MatteoPahnieri; car dans l’une et dansl’autre de ces deux compositions, un rôle importantest assigné aux anges, qui sont ici au nombre devingt, dont les uns décrivent un cercle avec leurdanse aérienne, tandis que les autres posent desguirlandes de fleurs sur les .têtes des bergers ous’embrassent avec effusion, comme dans certainstableaux de Fra Àngelico ; mais la ressemblanceavec ce dernier ne va pas plus loin. Il y a des partiesqui rappellent un peu la manière de Luca Signo-relli, surtout dans les draperies et encore plus dansl’inscription grecque qu’on lit au-dessus des douzeanges de la partie supérieure (a).
Avec une vogue comme celle dont jouissait Botti-celli, et avec le talent qu’il avait déployé dans sesfresques du Vatican, on s’étonne qu’il ait laissé si
(1) Dans la collection de M. Maitland.
(2) Il y a des inscriptions grecques au-dessous des fresques de Lucahignorolli, dans le palais Pétrucci, à Sienne.